Le temps, c’est de l’argent

Le temps, c’est de l’argent (juillet 2015)

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Quand une montre vaut plusieurs centaines de milliers d’euros, on peut s’interroger sur la raison de son prix. L’explication se trouve au sein d’ateliers où des artistes horlogers mettent des mois, parfois des années, pour créer des chefs-d’œuvre à la valeur presque inestimable.

Berçage dard, décolletage sur cames, anglage à l’étampe, adoucissage circulaire, billage coupant, appairage spiral, visitage… Ces termes vous sont inconnus ? Et pourtant, il est bien possible que ces opérations aient été effectuées lors de la fabrication de la montre que vous portez au poignet.

Si le métier d’horloger reste emblématique des activités d’une manufacture, bien d’autres spécialités entrent en jeu lors de la naissance d’un modèle de haute horlogerie. Une seule visite dans un atelier suffit pour se rendre compte du nombre d’étapes indispensables avant qu’un bloc de métal ne devienne une montre. On comprend alors pourquoi, au delà de la noblesse des matériaux et du prestige d’une Maison, la valeur d’un garde-temps se situe pour une grande part au niveau des composants, du nombre de complications, de la finition et, surtout, du temps consacré à sa fabrication. Certains horlogers indépendants ne réalisent qu’une dizaine de pièces par an ! Et il n’est pas rare de les voir passer plusieurs années à concevoir un mouvement.

Pour préciser encore un peu plus les défis proposés aux horlogers, il faut savoir que certains rouages ne présentent qu’une épaisseur de 0,12 mm. A peine plus qu’un cheveu (0,08 mm).

Le boîtier ou le cadran de votre montre arborent un savant guillochage ? Ce sont d’étranges outils semblant dater du XIXe siècle qui permettent de réaliser de subtiles dentelles sur le métal. Si quelques heures permettent de créer un précieux décor, plusieurs dizaines d’années sont nécessaires pour apprendre le geste, dominer totalement la technique et apprivoiser la matière. Exactement comme les graveurs qui personnalisent à la main les masses oscillantes ou comme les spécialistes qui donnent leur forme à des verres de montre en les chauffant à la flamme sans l’aide d’aucun instrument de contrôle. Comment déterminent-ils le temps de chauffage nécessaire ? Ils le « sentent »…

Chez certaines manufactures très haut de gamme, enfin, que croyez-vous qu’un horloger fasse quand il achève le montage d’un mouvement de montre à complication ? Il le démonte pièce par pièce, puis le remonte à nouveau pour être absolument certain de la perfection de l’assemblage des composants.

Décidément, ce qui fait le « juste prix » d’une montre de haute horlogerie, c’est le temps, la créativité. Et le talent…

Ekaterina Sotnikova

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