Entre tradition et innovation : Le paradoxe de l’horlogerie

Entre tradition et innovation : Le paradoxe de l’horlogerie (juillet 2015)

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Mettre en valeur des siècles de savoir-faire traditionnel tout en imaginant les montres de demain, représente un véritable défi. Aujourd’hui comme hier, horlogerie parvient à rimer avec génie…

Bien souvent, quand on pense « haute horlogerie », une image vient en tête : celle d’un homme en blouse blanche, une loupe vissée sur le front, le visage penché sur un établi où ils assemble – seul – , de microscopiques rouages. Cette vision traditionnelle exprime un message subliminal : derrière tout mouvement mécanique de montre se dissimulent un cerveau humain, des yeux, des mains…

Chaque pièce haut de gamme possède une âme. Celle de l’horloger qui l’a conçue et assemblée. Et aucun garde-temps ne voit le jour sans qu’un créateur de talent n’ait longuement pensé, réfléchi, imaginé.

On pourrait croire que tout a déjà été inventé dans le domaine horloger, à l’image de la répétition minutes conçue en 1680, du mouvement automatique créé en 1770 ou du tourbillon mis au point en 1801. L’horlogerie actuelle se contenterait-elle de remettre au goût du jour de vielles recettes ? Ce n’est certes pas en cherchant à améliorer la bougie que Thomas Edison a inventé l’électricité ! Bien plus que simplement améliorer l’existant, innover consiste à défricher des pistes jamais empruntées et à imaginer des solutions réellement nouvelles.

Même si cela peut sembler étonnant et contradictoire, c’est bien souvent au sein de petites manufactures travaillant « à l’ancienne » que naissent les idées les plus audacieuses. Débarrassés des carcans du marketing ou de la productivité, quelques rares maîtres horlogers indépendants parviennent à exprimer leur totale liberté créative. Mais s’ils sont capables de concevoir des mouvements d’une folle complexité, ils choisissent parfois de faire coïncider esprit pionnier et simplicité. Le fameux principe du « less is more ».

Kari Voutilainen en est l’un des meilleurs exemples. Ce Finlandais qui ne réalise chaque année qu’une quarantaine de pièces destinées à un public averti apprécie plus que tout les montres d’apparence classique, les formes rondes, les lignes fluides et les complications réellement utiles. Mais derrière une grande sobriété des cadrans se cache un absolu souci de la perfection technique. Chaque rouage, chaque composant du mouvement, chaque élément de la montre se révèle absolument parfait. Le génie dans l’épure.

Inconnu du grand public, Kari Voutilainen qui a reçu en début d’année le Prix Gaïa considéré comme le “Prix Nobel” de l’horlogerie, est assurément aujourd’hui l’un des meilleurs horlogers au monde. Tout comme Andreas Strehler, Vianney Halter, Ludovic Ballouard ou Bart et Tim Grönefeld

Ekaterina Sotnikova

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