De l’art d’être compliquée

The art of being complicated

De l’art d’être compliquée (Septembre 2015)

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Amateurs éclairés et collectionneurs ne jurent que par elles. Les complications horlogères sont plus que jamais dans l’air du temps et les plus belles montres mécaniques du moment accumulent les fonctions additionnelles. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

En règle générale, dans la vie de tous les jours, nul n’aime les complications. Il existe pourtant un domaine faisant exception à cette affirmation : l’horlogerie. Dans ce registre, bien au contraire, l’accumulation de complications dans une montre devient synonyme de plaisir pour les amoureux de haute horlogerie. Mais que les néophytes n’aillent pas s’imaginer qu’un modèle compliqué est forcément difficile à utiliser ou que son cadran se révèle illisible. Ce fameux terme « complication » décrit en réalité toute fonction mécanique se rajoutant aux indications horaires grâce à l’adjonction d’un module au mouvement de la montre.

Toutes les informations fournies par un garde-temps en plus de l’heure, des minutes et des secondes appartiennent donc à ce registre. Si l’on remonte le cours de l’Histoire, les premières horloges de la fin du Moyen-Age ne comportaient qu’une seule et unique aiguille des heures. L’apparition de l’aiguille des minutes, puis, bien plus tard, d’une trotteuse rythmant les secondes, pourrait donc légitimement marquer la naissance des complications.

De nos jours, on compte une dizaine de fonctions additionnelles : chronographe, quantième perpétuel, phases de lune, répétition minutes, date, indication de la réserve de marche, équation du temps, sonnerie, double fuseau horaire, heures du monde…

Considéré aujourd’hui comme le symbole même de la haute horlogerie, le tourbillon qui améliore la précision d’une montre en contrant les effets de la gravitation terrestre ne constitue donc pas une complication au sens propre du terme. Mais beaucoup d’amateurs ajoutent le tourbillon à la liste des complications tant ce dispositif recèle de beauté, de magie et de complexité.

Nombre de pièces de haute horlogerie revendiquent le statut de « grande complication ». Cette expression correspond aux montres combinant au moins trois complications majeures.

Au-delà de ces grandes familles de fonctions additionnelles, il existe quantité de dispositifs transformant une simple montre en chef-d’œuvre de technique et d’esthétique. Citons les affichages rétrogrades, les mouvements à automates, les chiffres mobiles, les tourbillons tri-axiaux, les astrorégulateurs et bien d’autres merveilles encore…

Finalement, quoi de plus agréable qu’une belle complication ?

Ekaterina Sotnikova

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