De Béthune : Entre histoire ancienne et futur horloger

De Bethune - DB25 Milky

Si la maison De Béthune, fondée en 2002, ne compte que 15 ans d’existence, elle occupe pourtant une place à part dans le petit monde de la (très) haute horlogerie indépendante, pour sa créativité et la qualité de ses réalisations.

Dès sa création par Denis Flageollet et David Zanetta, en 2002, De Béthune s’était fixé un objectif ambitieux : bousculer l’ordre établi et explorer de nouvelles pistes pour imaginer les montres du futur. Mais pour assumer cette audace, tous deux pouvaient se reposer sur une longue expérience dans l’horlogerie de tradition.

DE-BETHUNE - DB25 Milky way

Ainsi, Denis Flageollet, né en France mais installé en Suisse pour apprendre le métier, avait commencé à travailler au côté de Michel Parmigiani. Déjà, il se passionnait autant pour les techniques ancestrales que pour les pistes de réflexion horlogère offertes par les évolutions de la technologie. Denis Flageollet avait par la suite fondé avec François-Paul Journe la société Techniques Horlogères Appliquées.

Ces deux esprits fortement créatifs avaient imaginé des pièces d’exception et réinterprété certaines complications comme les pendules sympathiques, les mouvements mystérieux ou même le chronographe monopoussoir.

DE BETHUNE - DB25 Milky way

Au terme de ce chapitre, Denis Flageollet s’était rapproché d’une autre personnalité de l’horlogerie, David Zanetta, collectionneur, esthète, visionnaire et expert en pièces anciennes.

C’est donc ensemble qu’ils décidèrent de s’embarquer dans un nouveau projet : créer leur propre marque. Pour la baptiser, plutôt que de simplement réunir leurs patronymes, Denis Flageollet et David Zanetta cherchèrent un nom traduisant leurs intentions, leurs valeurs et leur vision. Ce nom, ils le trouvèrent en la personne d’un homme qui vécut de 1642 à 1732, le Chevalier de Béthune.

A la fois officier de la marine royale et passionné de mécanique, cet aristocrate français (petit-neveu de Sully, ministre d’Henri IV), François-Annibal de Béthune laissa une trace dans l’histoire du temps en concevant un système d’échappement destiné aux horloges. Autre « exploit » : il inculqua le goût de l’horlogerie à Voltaire après l’avoir abrité dans son château pendant la Régence.

DE BETHUNE - DB25 Milky Way

C’est ainsi que naquit la manufacture De Béthune, installée à L’Auberson, dans le Jura suisse, tout à côté de la frontière française. De trois collaborateurs la première année, ils passèrent à cinq un an plus tard pour se retrouver à une quinzaine en 2004. Le même nombre qu’aujourd’hui, produisant une centaine de pièces annuelles. Selon Denis Flageollet, ce total correspond au projet initial qui consistait à concevoir des montres ex nihilo, en petites quantités, sur mesure, sans limites d’aucune sorte, ni techniques, ni esthétiques, ni de marketing. 

En quinze ans d’activité, De Béthune a réalisé quelque 30 modèles “de base” différents, plus de 150 pièces uniques et 24 calibres maison. L’un de ses atouts est de pouvoir effectuer son travail de recherche et de développement dans son propre laboratoire, combinant travail de manufacture et organisation technique extrême.

DE BETHUNE - DB25 World traveller

En de multiples occasions, De Béthune a joué les pionniers. Citons l’utilisation du silicium ou du titane poli, la gravure côtes de Genève sur un cadran, la fabrication de la cage de tourbillon la plus légère du monde, etc. Denis Flageollet raconte qu’il passé six ans pour concevoir un tourbillon totalement adapté à une montre-bracelet, c’est-à-dire tenant compte des secousses et des mouvements liés au fait de la porter au poignet.

Ce rôle de chercheur, de défricheur, d’expérimentateur, il l’aime tout particulièrement et avoue travailler actuellement sur des projets qu’il qualifie d’incroyables. Pour information, les réflexions de Denis Flageollet porteraient sur une montre à sonnerie, mais concerneraient également des oscillateurs à haute fréquence.

A suivre, donc…

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